Emanuelle delle Piane

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le petit théâtre lausanne

C'est la honte

un moment de honte est si vite passé! il n'y a pas de honte à avoir honte.

 

adaptation:
Emanuelle delle Piane

mise en scène:
Gérard Demierre

du 1er mai au 2 juin 2002

 

avec: jacqueline burnand, domenico carli, igor ayrton

 

scénographie: gilbert maire

lumières: gilbert maire

costumes: isa boucharlat

maquillages: nathalie mouchnino

construction des décors: mario medana

stagiaire: caroline guignard

technique: christian denisart, christian michaud, dany clot

 

L'ouverture d'esprit
contée aux enfants

Vendredi 10 mai 2002

L'Exposition nationale ouvre ses portes et voilà que même le Petit Théâtre de Lausanne se soucie de parler suissitude! C'est Emanuelle delle Piane qui a pris la plume pour C'est la Honte, pièce mise en scène par Gérard Demierre, à voir en famille, dès 7 ans.

Italienne et Suissesse, cette auteure de La Chaux-de-Fonds fait se croiser sur scène deux amis: Guillaume, un jeune adolescent pas très fier de son passeport à croix blanche, et Volpino, un ouvrier italien parfaitement à l’aise dans une culture qui mêle pasta et Vespa , chemises bien coupées et chansons d'amour sifflotées sans scrupule tout le long du jour.

L'interprétation du jeune Igor Ayrton sonne toujours juste, alors que Domenico Carlit ombre parfois dans l’excès. Une douzaine de scènes se suivent ainsi, et à chaque fois le garçon trouve une bonne raison de «se payer la honte». En fait, il est déconcertant pour le jeune public.

Il faut savoir tenir compte avec parcimonie de l'avis des autres: tel et bien le message de la pièce. D'ailleurs, ces autres feraient mieux de réagir à l'actualité et à ses douloureux événements que de s'occuper du flirt de Guillaume avec une petite Africaine - le discours sur le racisme ordinaire est un peu caricatural - ou de son acné juvénile!

Bref, les Suisses feraient mieux de témoigner leur solidarité,de s’ouvrir au monde, que d’épier leurs voisins. La pièce confond ainsi incidemment les cancans de voisinage et l’opinion publique, liant le comportement individuel à celui de la nation. La scénographie de Gilbert Maire va aussi dans ce sens, qui enferme Guillaume et Volpino dans une double barrière, soit une haute palissade garnie, comme il se doit, de quelques géraniums, et, au loin, la chaîne des Alpes.

Par Elisabeth Chardon