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La Monstre
Pièce cruelle
Société
Suisse des Auteurs, Collection Théâtre suisse
L’Age d’Homme
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ISBN 2-8251-1479-0
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Deux jeunes femmes sont là devant nous. Elles s'adressent à leur mère.
Coupable de mauvais traitements divers, variés, récurrents. Coupable de ne
pas pouvoir accepter leur amour. Coupable de devenir mères à leur tour.
Coupable de les avoir handicapée à vie du plaisir d'être.
Parce que les liens biologiques sont des cordes avec lesquelles on se
pendrait facilement, si on n'y prenait garde. Vous, moi, nous tous. Il y a sans doute des
moyens d'y échapper, mais la pièce d'Emanuelle delle Piane n'en parle pas. Ce
sera pour plus tard. Pour l'instant, il faut encore revenir sur la douleur. La
comprendre. Tout faire pour ne pas la reproduire.
Avec autorité, avec
une ardeur abrasive, une voix qui vient de loin, du plus profond, Emanuelle
delle Piane nous offre une douche d'acide.Libre à nous
d'ouvrir les parapluies. Mais je ne le conseille pas. Car de cette pluie d'acide
on ressort étincelant, nettoyé, prêt à plus d'intelligence et de force. Et
d'amour aussi. Encore un mythe crevé !
Jean-Pierre Delorme
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Cette pièce a fait l'objet
de plusieurs mises en scène (lectures, radio, spectacles de marionnettes et théâtre).
En mai 2003, elle a été
présentée au Festival de la jeune création théâtrale du 14ème - Paris
- ainsi
qu'à Clichy au 5e festival de marionnettes Objets et comédies, ou encore à la Radio Suisse Romande
(création de
Sylvie Zzani).
Elle a également été traduite
en allemand par Elfriede Riegler sous le titre "Die Da" avec l'aide du fond
d'encouragement à la traduction théâtrale de la SSA.
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Marie et Une, deux sœurs jumelles, ou deux filles identiques - à moins que
ce ne soit Marylin ? - parlent de leur mère.
De tout ce qu'elles voudraient dire à leur mère. Pourquoi tu ne m'aimes pas,
maman?
Qu'est-ce que j'ai qui ne te plait pas ?
Pourquoi dans tes yeux à toi je ne suis jamais belle?
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Pourquoi dans mes yeux à moi la vie n'est jamais belle ? Elles veulent « lui
dire », « tout » lui dire.
S'en libérer.
Que sur elles ne pèse plus ce regard, et son poids de passé, de
souffrance, d'abandon, de critique, de cruauté, qui leur reproche
d'exister. |
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Qui a fait d'elles des coupables à vie ?
Des coupables de vivre, des coupables d'aimer.
Leur enfance, leur amour solitaire, c'est la sève empoisonnée qui les a
nourries.
Mais qui vivrait sans sève? et comment vivre en n'aimant pas la vie?
Comment aimer quand on ne l'a pas été, quand on ne connaît de l'amour que le
vide de l'absence? |

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Peut-être en
grandissant, en se laissant remplir l'espace, en permettant à la vie, celle
dont on ne connaît pas l'histoire -de s'y étendre.
Alors... on
pourra s'élancer par la fenêtre !
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